On n’est pas sérieux quand on a 71 ans.


Éléphant pour un concours d’enfants

My _Pink_Elefantazy (maquette préparatoire)

Je participe à un concours de dessin manga organisé dans mon quartier.
Habituellement, ce sont les enfants des écoles qui y participent.

J’ai 71 ans et demi.

Je me suis demandé si c’était sérieux.

Puis j’ai dessiné un éléphant.

Je ne sais pas très bien pourquoi un éléphant.
Peut-être parce qu’il est grand et calme.
Peut-être parce qu’il n’a rien à prouver.
Peut-être aussi parce que je me souvenais qu’enfant, quand on ne sait pas quoi dessiner, on dessine ce que l’on sait déjà reconnaître.

Le papier est brut.
La peinture est simple.
Le rose autour n’est pas un décor : c’est l’espace nécessaire pour que le dessin puisse exister sans avoir à convaincre.

Ce concours n’est probablement pas fait pour moi.
Et pourtant, c’est précisément pour cela que j’y participe.

Les enfants dessinent sérieusement sans chercher à être des artistes.
Les adultes cherchent souvent à être des artistes sans oser dessiner simplement.

À mon âge, je peux peut-être tenter autre chose :
dessiner sans projet, sans carrière, sans démonstration.

Juste pour rejoindre, un instant, l’endroit où l’on dessine parce que c’est possible.

Si le dessin paraît naïf, tant mieux.
La naïveté n’est pas l’enfance.
C’est la permission retrouvée.